Après un Savoyard tardivement ingurgité et une bretelle d'autoroute prématurément goudronnée, nous voilà chevauchant les nébuleuses fumées de Golfech pour atteindre le Saint Graal : el Bikini, dura rock !
Au programme quelques curiosités indispensables pour briller des mille feux de votre hype-attitude dans la prochaine soirée branchouille où vous irez trainer votre slim et vos chaussures bateaux (en plein revival).
Tout d'abord les locaux de l'étape : Montreal On Fire qui distille "une pop-noise fragile et mélancolique" enfin d'après leur bio car notre road-book nous ayant fait défaut ils ont été sacrifiés sur le l'autel de l'A62. Notre soirée a donc démarré par le déhanché elvissien de Morgane Colas, chanteuse des Concrete Knives. Certains évoquent les rythmes choucroutés des B-52’s, d'autres les sonorités exotiques de Vampire Weekend, ce qui est sûr c'est que Concrete Knives a le rythme dans la peau en ressuscitant avec brio les sons de nos chères eighties.
Petit détour au bar, sans doute le seul point noir de cette salle qu'on adooooore, car les despotes du zinc règnent ici en maîtres absolus et aiment user de leur droit de vie ou de mort sur votre assoiffement, slurp.
Arrivent sur scène le trio londonien au visage masqué Is Tropical (révélé par la grande maison parisienne Kitsuné). A l'image du clip de The Greeks (ou quand Roger Rabbit rencontre Scarface), ces 3 lascars veulent exploser le dance-floor. Leur son emprunte autant aux beats ravageurs d'un rock/electro façon Klaxons qu'aux envolées shoegazes de l'indie-rock de nos vingt ans. Bien qu'intéressant l'ensemble souffre sur la longueur d'un set pourtant minimal.
Après un line-check qui ressemble plus à une interminable balance, Housse de Racket rentrent enfin sur le terrain du Bikini pour en découdre sur scène avec leur nouvel album. Le ton est rapidement donné, peu de place à leur premier opus (mis à part le tubesque Oh Yeah! annoncé comme une reprise des BB Brunes, sans doute a private joke), le set fera la part belle à Alesia qui dévoile ici avec l'excellence sonore du Bikini toute la subtilité de cette electro-pop audacieuse et totalement décomplexée. Victor le Masne et Pierre Leroux, ici épaulé aux claviers par Olivier Marguerit des Syd Matters, semblent avoir définitivement rangé leurs raquettes mielleuses pour poser les fondations de la pop moderne de demain, comme Air ou Phoenix avant eux.
Soirée réjouissante arrosée à notre sortie par une ondée toulousaine. Concert pluvieux, concert heureux.